Les Fours à chanvre
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La culture du chanvre
La culture du chanvre en Sarthe remonte à plusieurs siècles, mais c'est à partir du XVIIème siècle que cette plante fournissant la matière première à la fabrication de toiles, de vêtements et de cordes connaît son plein essor. Dès les années 1870, le déclin de la culture du chanvre s'amorce. Malgré tout, en 1914, la Sarthe est encore le premier département chanvrier.
Entre les deux guerres, la culture du chanvre se pratique dans les trois zones du département déjà cultivées au XVIIIème siècle : le Bélinois, le Saosnois et la campagne au nord du Mans. Dans les années 50, la tentative de reconversion du chanvre et de son industrie (implantation à Vivoin et Beaumont-sur-Sarthe d'une unité de production de pâte à papier utilisant le chanvre) échoue.
Le Nord de la Sarthe possède de nombreux fours à chanvre, témoins de cette activité.
La transformation du chanvre débutait par le rouissage. Il s'agissait de le faire macérer un certain temps dans l'eau pour faciliter la séparation de l'écorce et de la fibre. Puis venait l'étape du séchage et du broyage qui avaient lieu en hiver. Les fagots étaient alors entassés dans la chambre de séchage du four à chanvre, qui n'a fait son apparition qu'au XIXème siècle ; auparavant, le séchage s'effectuait dans la maison ce qui a valut de nombreux incendies. Les fours à chanvre étaient généralement construits à l'écart des fermes pour cette même raison.
La culture du chanvre a fait la richesse des paysans sarthois, fournissant la matière première indispensable à la fabrication des cordages pour les navires ainsi qu'à celle des toiles par des tisserands mi-paysans, mi-artisans. Dans une exploitation type, un hectare de chanvre rapportait deux fois et demi plus qu'un hectare de céréales.
Le séchage et le broyage

Coupe schématique d'un four à chanvre
Les fours à chanvre comprennent deux pièces : la chambre de chauffe située en bas et la chambre de séchage, en haut, où le chanvre était disposé.
Dans la chambre de chauffe de ces fours, une corbeille en fonte remplie de coke (combustible présentant un pouvoir calorifique élevé) enflammée dégageait une forte chaleur qui pendant une dizaine d'heures séchait la fournée. L'étoupa, sorte de grand couvercle, arrêtait les étincelles et assurait une meilleure répartition de la chaleur.
Le lendemain matin, vers six heures, le broyage commançait. Les bottes étaient sorties et emmenées au pied de la broyeuse, qui écrasait les tiges. Ce travail avait pour but d'extraire la filasse en la séparant du bois de la tige.
Sources photographiques : le four à chanvre du Houx et sa loge - Saint-Symphorien.
Dernière modification : 2012-03-06


