Le Camp de Conlie

La défaite de l’armée française face aux Prussiens, en septembre 1870, pousse le nouveau gouvernement républicain à constituer des troupes pour répliquer.

Monument érigé en 1913 au sommet de la côte du camp

Monument érigé en 1913 au sommet de la côte du camp

Le Camp de Conlie est le 1er des 11 camps de défense et d’instruction créés en France. Initiative du Général de Keratry, il rassemble principalement des mobilisés de Bretagne. Sur la butte de la Jaunelière, il est installé dès le 22 octobre 1870 et peut accueillir 50 000 hommes.

Nivelé avant l’installation, le piétinement des hommes et la pluie transforment le camp en bourbier, surnommé « Kerfank », la « ville de boue » en breton. Avec les premières neiges, les épidémies apparaissent. Les armes promises par Gambetta, surplus de la guerre
de Sécession américaine, n’arriveront pas.

Sous équipée, mal instruite, démotivée, l’armée de Bretagne est, de plus, délaissée car on se méfie d’une potentielle armée de « chouans ». En décembre, devant ce fiasco, une partie est rapatriée ou évacuée vers la forêt de Sillé.

Le 12 janvier 1871, 12 000 soldats combattent enfin et tombent avec l’armée de la Loire au Mans. Cette défaite leur est injustement imputée. Le 14 janvier, les Prussiens détruisent le camp, les derniers soldats repartent chez eux. L’armée de Bretagne est officiellement
dissoute le 7 mars 1871.

Emplacement du camp de Conlie

Emplacement du camp de Conlie

Légende :

  1. La ferme de la Jaunelière servit de poste de commandement du camp.
  2. Selon le plan d’époque, cette ferme servait de quartier général secondaire proche de l’intendance, de l’infirmerie et de la « Redoute du nord », entourés par les bivouacs.
  3. Monument à la mémoire de l’armée de Bretagne et aux médaillés du canton de Conlie en 1913. Une plaque de 1971 indique « D’ar vretoned trubardet e kerfank-Conlie / Dalc’homp sonj » « Aux Bretons trahis au village de boue-Conlie / Souvenons-nous« .
  4. Cette butte constituerait les restes d’un poste de défense de la « Redoute du sud » dite « de Tennie » (ouvrage de fortification complètement fermé).
  5. En 1873, la « croix des Bretons » est érigée à la mémoire des 118 mobilisés bretons morts au camp. À sa droite, on trouve une tombe militaire où reposent 7 soldats prussiens ; à sa gauche, celle des soldats de l’Armée de Bretagne.

Le topo-guide du circuit de randonnée du Camp de Conlie (matérialisé ici en rouge) est disponible dans la partie Randonner > Guides des randonnées > Conlie.

Source : Les Bretons dans la guerre de 1870 – P. Le Moing-Kerrand / Le camp de Conlie et l’armée de Bretagne – 1874 / Autour du camp de Conlie. Dr A. Touchard / Jacques Morize / Archives départementales d’Ille-et-Vilaine

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